Ecoles et universités numériques : coup de projecteur sur l’auditoire

Dans cet amphithéâtre du nouvel Institut mathématique d’Orsay, les étudiants sont filmés automatiquement quand ils posent une question. Cette dynamique de mise en scène a été mise au point par Videlio-IEC, sur la base d’un système Omnilive.

L’amphithéâtre Jean-Christophe Yoccoz, du nom du mathématicien français récompensé par la médaille Fields en 1994 et disparu en 2016, fait partie de l’Institut de mathématique d’Orsay (Université Paris-Sud/CNRS), bâtiment de 13000 m2 inauguré le 25 octobre 2017. Achevé en mars dernier, cet auditorium d’une capacité avoisinant les 150 places bénéficie d’une installation audiovisuelle dont la réalisation a été confiée à Videlio-IEC. Deux objectifs avaient été exprimés par les décideurs : « L’installation devait être simple, utilisable par n’importe quel enseignant, et comporter un système de visioconférence et un système d’enregistrement et de diffusion des cours » explique Rémi Desnoulez, chef de projets chez Videlio-IEC. L’enseignant, via un écran tactile et rétractable Arthur Holm, a donc accès à quelques fonctions compréhensibles et prédéfinies :  audioconférence, visioconférence et projection. Il dispose, pour raccorder son PC, d’une entrée HDMI, d’une entrée VGA et d’une entrée audio. Ce flux « data » est acheminé par une matrice Extron DTP Crosspoint 108 au vidéoprojecteur Barco RLM-W14, modèle WUXGA de 14500 lumens. Cette matrice dessert aussi un écran Samsung de 32 pouces, installé au premier rang et utilisé par l’enseignant ou l’intervenant pour obtenir le retour vidéo (projection, flux des caméras) ou l’image de son interlocuteur pendant une session de visioconférence. S’ajoute un dispositif Clickshare, toujours de Barco, qui offre la possibilité à un étudiant, une fois muni du « dongle » ad hoc, de partager son travail ou ses informations sur le grand écran escamotable, qui descend lorsque le vidéoprojecteur est activé.

Cadrage en pilotage automatique

Les deux caméras robotisées Panasonic, encastrées dans le bas de l’amphi de part et d’autre de la chaire, zooment automatiquement sur une zone précise de l’amphi quand le bouton de prise de parole est enclenché. Photos : DR

Quand la fonction choisie fait appel à de la vidéo, l’interface est complétée par une option d’enregistrement et de diffusion, reposant sur la technologie Omnilive (voir pages précédentes). Selon les besoins, Omnilive et le codec de visioconférence Avaya se partagent les quatre caméras Panasonic. L’une est fixe, encastrée au premier rang à côté de l’écran-retour vidéo, et filme de près l’enseignant et le tableau noir. Les trois autres sont robotisées : la première, située au plafond, jouxte le vidéoprojecteur et donne un plan d’ensemble de l’amphi ; les deux autres – et c’est là l’originalité – sont situées en bas de l’amphi et sont dirigées vers l’auditoire. Le principe ? Quand un étudiant prend la parole, l’une ou l’autre caméra frontale s’oriente automatiquement vers cette zone de l’amphi pour un cadrage plus serré. Les pupitres sont en effet équipés de micros Beyerdynamic affleurants et de boutons pour la prise de parole, assujettis à une centrale audio Orbis CU. « L’action est transmise à l’automate Extron qui pilote ensuite les paramètres PTZ de la caméra pour zoomer sur l’étudiant » précise Rémi Desnoulez. Cette configuration bonifie la solution Omnilive, car « elle dynamise la mise en scène » poursuit Rémi Desnoulez. L’enseignant conserve la main et, s’il le souhaite, peut changer de source et modifier les cadrages.

Seul « raté » : la position malencontreuse de la caméra fixe et de l’écran-vidéo retour, juste derrière le premier rang. Pour que ces équipements soient exploitables, quelques places doivent être condamnées. Ce choix, du fait de l’architecte, illustre combien les aspects pratiques et esthétiques d’un projet audiovisuel sont parfois en lutte, l’intégrateur n’ayant que trop rarement le dernier mot.

Frédéric Monflier

Ecran tactile et rétractable Arthur Holm. Photos : DR

Vidéoprojecteur Barco RLM-W14.

Micro Beyerdynamic affleurant.

 

 

L’une des deux caméras robotisées Panasonic, encastrées dans le bas de l’amphi.

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