Le label R2S distinguera les bâtiments parés aux services numériques

Le référentiel Ready2Services de la Smart Buildings Alliance fait désormais l’objet d’un label officiel, attribué par Certivéa. L’audit coûte entre 7000 et 35000 €.

C’est un étage supplémentaire dans l’édification du Smart Building : le référentiel Ready2Services, promu par la Smart Buildings Alliance (SBA) depuis sa première publication en 2015, devient un label officiel. L’information a été communiquée le 27 juin par la SBA et Certivéa, la filiale du CSTB qui sera chargée de décerner, après évaluation, ce label réservé pour le moment aux bâtiments non résidentiels.

Pour rappel, le référentiel R2S, pensé comme une guide accompagnant la filière du bâtiment, fixe les principes grâce auxquels le bâtiment connecté peut se transformer en plateforme de services, génératrice de valeur ajoutée : une infrastructure IP neutre où circulent librement les données, des systèmes indépendants et interopérables, la protection des données, etc.

L’audit pour l’attribution du label R2S comporte six thèmes, dont trois relatifs aux aspects techniques (connectivité, architecture réseau, équipements et interfaces), deux s’intéressant à la gouvernance (sécurité numérique, management responsable) et le dernier prenant en compte les utilisateurs et le développement de nouveaux services.

Douze opérations-pilote, situées majoritairement en région parisienne et aussi à Toulouse, Bordeaux ou encore Orléans, ont servi à affiner ce référentiel. «Ils bénéficient d’une attestation, pas du label, mais plusieurs propriétaires se montrent intéressés par la démarche, précise Alexis Perez, chef de projet chez Certivéa. Le prix varie entre 7000 et 35000 € en fonction de la surface du bâtiment et de sa phase (construction ou exploitation), sachant qu’un bâtiment peut être labellisé R2S dès sa conception. D’autre part, il est possible de ne labelliser qu’un seul plateau.»

Ambitions internationales

La cybersécurité, qui par la force des choses constitue une préoccupation majeure dans un bâtiment connecté, devrait bénéficier d’une attention particulière. «L’audit s’effectue en deux parties, explique Alexis Perez. D’abord, le volet technique du réseau : mécanismes d’authentification, protections contre les logiciels malveillants, chiffrement, routage, etc. Vient ensuite l’examen de la gouvernance et de l’organisation : conformité avec la RGPD (Règlementation générale sur la protection des données), politique de mises à jour des logiciels, procédures en cas d’incident… La vérification est réalisée sur la base de documents, dont les fiches techniques, et sur site.»

Certivéa se prépare à un changement de culture. «Le numérique, c’est nouveau pour nous, admet Alexis Perez. Avec le label R2S, on pourra mesurer l’intérêt du secteur et, si la réaction est aussi favorable qu’on le pense, on recrutera du personnel supplémentaire en conséquence.» Le label R2S va lui aussi évoluer. D’une part, il pourrait avoir une portée internationale. «Nous discutons avec le Luxembourg et d’autres pays francophones, via notre filiale Cerway» poursuit Alexis Perez. D’autre part, ce label devrait s’appliquer au marché résidentiel. «Nous travaillons avec plusieurs organismes de certification, commente Emmanuel François, président de la SBA. En pratique, 4000 logements connectés de Bouygues Construction/Immobilier, bénéficiant des offres Wizom ou Flexom, sont d’ores-et-déjà conformes R2S.»

www.smartbuildingalliance.org  www.certivea.fr

Rédaction :  Frédéric Monflier

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