L’essor de la vidéosurveillance temporaire

Ces équipements autonomes à vocation temporaire sont opérationnels en dehors des réseaux filaires, voire du réseau électrique. Ils répondent à une demande croissante et diversifiée, qui va de la lutte contre les décharges sauvages au suivi d’une petite manifestation locale.

Vidéoprotection mobile, nomade, temporaire… D’un fournisseur à l’autre, la terminologie change pour qualifier ces dispositifs de surveillance vidéo à l’usage ponctuel, pour l’évènementiel au sens large, ou suffisamment autonomes pour fonctionner là où ne peuvent fonctionner les caméras classiques, faute d’alimentation électrique et de réseau de communication filaire. Au moins tous les acteurs s’accordent-ils sur un point : les ventes prospèrent. «On compte environ 500 caméras temporaires aujourd’hui pour un total de 60 000 caméras filmant la voie publique, estime Emmanuel Dubois, directeur commercial et marketing de Pryntec, au sein du groupe TEB. En 2020, elles devraient représenter 10 à 15% de l’ensemble du parc.»

La demande progresse car les besoins se multiplient, dans le BTP notamment. «Le marché se développe depuis dix ans grâce à la surveillance de chantiers, constate Servan Lépine, dirigeant d’Excelium, entreprise spécialisée dans l’intégration vidéo, la télésurveillance et l’intervention sur site. Le vol de matériaux, le cuivre en particulier, est en recrudescence. Avec la généralisation de l’IP et des réseaux hertziens, les systèmes de vidéosurveillance temporaires sont devenus une alternative au gardiennage, qui coûte entre 12 et 15000 euros par mois.» Ces vols causeraient un préjudice d’environ un milliard d’euros par an au secteur de la construction.

Excelium a mis au point une solution originale, Verticale, et s’est vu confier, entre autres exemples, la surveillance du chantier de la ligne TGV entre Tours et Bordeaux, de 2014 à 2017. «Pour le compte de Coséa, filiale de Vinci, nous avons sécurisé 125 positions sur 300 kilomètres de long, dans des zones blanches dépourvues d’alimentation électrique et de réseau 3G/4G, décrit Servan Lépine. Nous avons donc mis en place des relais satellite afin que les images puissent être transmises au centre de contrôle. Le client désirait de la visibilité en temps réel et Excelium assurait la détection de présence. L’interpellation à distance via le mégaphone intégré sert à produire un comportement caractérisé, un ouvrier ne réagissant pas comme un intrus.»

Plus de 20000 décharges sauvages

Deuxième facteur qui motive le recours à un tel système de surveillance : l’explosion des décharges sauvages, souvent à proximité des déchetteries officielles et à l’écart de l’infrastructure électrique et réseau qui dessert le reste de la commune. «L’association Robin des Bois en aurait dénombré plus de 20000 en France, s’émeut Emmanuel Dubois de Pryntec. La plus grande s’étend sur plusieurs hectares à Carrières-sur-Seine et a poussé à 500 mètres d’une déchetterie légale.»

La Vigicam de VDSYS se fixe à un candélabre. La caméra dôme PTZ, de marque Axis, Bosch ou Hikvision, etc, est reliée à un serveur durci dont la capacité varie de 2 à 5 To (15 jours d’enregistrement). Les images, chiffrées, sont enregistrées localement en Full HD et transmises en basse définition au centre de supervision urbain, via le routeur 3G/4G/Wi-Fi (ou le réseau radio de VDSYS si disponible). La compatibilité avec tous les logiciels de supervision est assurée via des partenariats avec Avigilon, Genetec et Milestone notamment. La batterie bénéficie d’une capacité de 760 Wh et le boîtier est certifié IP66 et IK10. La pose est facilitée par un système d’étrier et un poids de 5 kg seulement hors batterie, celle-ci étant insérée ultérieurement.

Les déchetteries étant la plupart du temps payantes pour les professionnels, les entreprises les moins regardantes n’hésitent pas à venir déposer leurs gravats en toute illégalité, dans le but de préserver leurs marges. Un choix qui pourrait devenir de plus en plus risqué. «Les maires ont la volonté de passer à la vitesse supérieure, poursuit Emmanuel Dubois. Si notre borne vidéo mobile ne va pas éradiquer le phénomène, elle permet de faire de la lecture de plaque, un préalable pour verbaliser. L’entreprise dont la camionnette a été identifiée s’expose à 75000 euros d’amende, une peine de prison pouvant même être prononcée.»

La suite de cet article est réservée aux abonnés. Profitez-en, abonnez-vous! A lire dans le n°31  de SMART INTEGRATIONS MAG à paraître début novembre 2018.

Rédaction : Frédéric Monflier – Photo : VDSYS

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