Réservation de salles : Roomz, ou la sobriété du noir et blanc

Les écrans de réservation de salles abondent, mais Roomz se distingue grâce à son affichage monochrome, sa batterie longue durée et le sans fil intégral, facilitant l’installation. Des qualités que ses inventeurs, originaires de Suisse, font maintenant valoir en France.

«Les écrans de réservation de salles sont majoritairement en couleur et sont câblés. Le nôtre est monochrome, sans fil et ne dispose pas d’autant de fonctions. Nous restons humbles» reconnaît Anthony Chevalier, directeur commercial France chez Roomz. Voici une entrée en matière qui contraste avec les traditionnels discours empreints de surenchère. Roomz, en effet, ne paye pas de mine, en raison de son affichage noir et blanc qui trahit l’usage d’une encre électronique (autrement appelé papier électronique), semblable à celle des liseuses. En contrepartie, cet écran de 8 pouces, équipé du Wifi et fonctionnant sur batterie, hérite d’une excellente lisibilité et d’une autonomie estimée entre deux et cinq ans, selon la fréquence d’actualisation des informations de réservation. L’écran Joan de la société Visionect, dont le papier électronique constitue le cœur d’activité, se positionne sur le même créneau mais son autonomie ne dépasse pas quelques mois, à en croire la fiche technique.

Le concept de l’écran Roomz provient initialement de la rencontre des ingénieurs Roger Meier, Patrick Terreaux, et de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH). «Cette université était confrontée à une problématique d’organisation et d’occupation de ses 600 salles de réunion, relate Anthony Chevalier. D’autre part, c’est un site historique qui date de 1855 : il n’était pas question de casser les murs. D’où l’idée de concevoir une solution qui ne requiert ni perçage ni passage de câbles.» Désireux de saisir leur chance, les deux ingénieurs fondent Roomz en 2015 et élaborent l’écran du même nom. Leur produit convainc manifestement. «La première année, nous avons écoulé 1500 écrans rien qu’en Suisse» se félicite Fabien Moine, responsable des ventes et des activités marketing.

Sidev, Videlio et Deya partenaires

Anthony Chevalier, directeur commercial France chez Roomz. Photo : DR

Depuis lors, Roomz est sortie du territoire helvète et compterait 150 clients dans le monde : banques, universités, administrations, etc. Après l’Allemagne, la marque cherche à s’implanter en France, ce qui a motivé le recrutement il y a quelques mois d’Anthony Chevalier (un ancien de Plantronics, d’Inmac Wstore et d’Econocom). Le modèle commercial est 100% indirect : un contrat de distribution a été signé avec Sidev et les deux intégrateurs Videlio et Deya (dont le cœur de métier est l’agencement de salles) sont partenaires. Un distributeur complémentaire spécialisé en IT, comme c’est déjà le cas en Suisse, est envisageable. Après tout, Roomz ne requiert pas une connaissance extravagante des techniques d’intégration audiovisuelle et des courants faibles. Sans câble, il se fixe sur la plupart des surfaces, même vitrées, à l’aide de quatre puissants adhésifs. Cette pose et cette dépose rapides sont par ailleurs appréciables quand l’espace de travail évolue et que les cloisons sont appelés à changer régulièrement de place.

Roomz impose surtout des réglages informatiques : connexion au Wifi de l’entreprise, paramétrage pour établir la communication avec son système de calendrier (Exchange, Office 365 Outlook, Google Calendar, Lotus)… «L’intégration est d’autant plus rapide qu’il n’y a pas de système d’exploitation, indique Fabien Moine. C’est un afficheur qui ne contient aucune donnée et ne nécessite pratiquement aucune maintenance.» Car la batterie, dotée d’une capacité de 7500 mAh, est un consommable qui doit être remplacée, faute de possibilité de recharge. Se pose donc la question de sa collecte et de son recyclage, qui peut être effectué par les services généraux ou le partenaire, selon Roomz.

Disponible en version locale ou cloud

Le logiciel d’administration est disponible en version cloud, hébergé chez Microsoft Azure, ou «on premise», c’est-à-dire installé sur un serveur local. Le choix dépend de la politique de sécurité et de confidentialité de l’entreprise. Il a aussi une incidence sur les frais récurrents : le prix de l’écran (729 € HT) comprend deux années d’abonnement au cloud, lequel est ensuite facturé 99 € HT par an. Le confort apporté par le cloud, dont les mises à jour automatiques, n’est pas gratuit… Quant à l’écran lui-même, ses fonctions sont délibérément minimalistes, comme écrit plus haut, ce qui implique un fonctionnement durable sans prise de courant à proximité. Il n’y a pas de diodes signalant par un code-couleur la disponibilité ou non d’une salle par exemple. La bordure inférieure tactile permet juste de réserver ou de libérer une salle in situ. Ces informations sont relayées sur les smartphones de collaborateurs, via un portail web.

Un écran sans fil, résolument monochrome. Photo : DR

A l’ETH, où près de la moitié des 600 écrans prévus d’ici à fin 2019 sont déployés, «le taux d’occupation des salles s’est accru de 20 %» se réjouit Fabien Moine. Mais Roomz ne s’arrête pas là et veut mettre sur pied un véritable écosystème. Dès octobre, un capteur de présence et un logiciel analytique complèteront la gamme. «Le gestionnaire pourra de cette manière analyser la fréquentation des salles, identifier notamment celles qui sont sous-exploitées puis investiguer, poursuit Fabien Moine. De manière générale, toutes les entreprises qui ont développé du «flex desk» et des communications unifiées cherchent des moyens de réunir leur collaborateurs. La demande d’espaces réservés va exploser. Nous allons de même créer un capteur consacré aux bureaux partagés.» Un marché en croissance qui tend les bras à l’internet des objets et à une nouvelle vague de produits audiovisuels. roomz.io

 Rédaction : Frédéric Monflier

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