Serrures connectées : les clés du succès

La serrure électronique autonome s’ouvre à de nouvelles tendances pour s’adapter aux besoins des métiers et bonifier l’expérience-utilisateur. Photo : serrure électronique Salto XS4 One.

A en croire une vidéo promotionnelle d’Assa-Abloy datant de 2014, 90% des portes d’un bâtiment s’ouvrent et se ferment à l’ancienne, au moyen d’une clé mécanique, et n’ont pas recours à un système de contrôle d’accès. L’ordre de grandeur étant toujours d’actualité, les perspectives font saliver les industriels de la filière, dans un contexte opportun où les entreprises et les établissements recevant du public cherchent à sécuriser l’intérieur des locaux et à superviser la circulation du personnel et des visiteurs.Les serrures électroniques autonomes ont été conçues pour répondre à cette attente du fait de l’absence de câblage courant fort/courant faible et de la souplesse d’installation qui en résulte. L’aspect économique est également incitatif. « Ces dispositifs sont moins chers que les points d’accès filaires et les clients ont ainsi la possibilité d’équiper davantage de portes à budget identique » souligne Alain Louap, président de Salto. Le contrôle d’accès n’est plus l’exclusivité des portes en périphérie et des sas secondaires. « Il s’étend aux bureaux, aux salles de réunion… constate Mélanie Dubus, directrice marketing et développement du pôle Contrôle d’accès chez Assa-Abloy. Nous équipons beaucoup d’universités, de Crous et d’hôpitaux, dans l’objectif de sécuriser les biens et les équipements. »

Une croissance à double chiffre

Si la lutte contre le vol et les intrusions demeure une préoccupation majeure, les motivations sont aussi d’ordre pratique et organisationnel. « L’idée est de supprimer l’usage des clés, un même badge permettant d’accéder au bâtiment puis à un bureau, et de fournir au client un outil de traçabilité » explique Alain Louap, président de Salto. Tous ses signaux sont au vert et suggèrent que la croissance devrait être soutenue ces prochaines années. « Sur la base des données 2016 fournies par IHS, les ventes de systèmes sans fil devraient bénéficier d’une hausse en valeur de 12% par an, contre 4% pour les systèmes filaires » estime Mélanie Dubus.

Serrure Assa-Abloy Aperio H100.

Les applications-métiers, les besoins de sécurité et l’envergure des projets étant variables par nature, l’offre se diversifie et se range dans des verticaux : éducation, hôtellerie, secteur bancaire, milieu hospitalier… La technologie et les modes de fonctionnement s’adaptent. « Un fonctionnement binaire oui/non suffit pour la gestion de quelques portes, précise Franck Chevalier, directeur général de Dény Security. Quand l’installation compte une vingtaine de portes, le contrôle horaire et calendaire s’ajoutent et l’administration s’effectue en mode Offline, à l’aide d’une tablette et du RFID. Les droits d’accès sont inscrits dans le badge et sont programmables grâce à un boîtier d’encodage, pour les installations un peu plus exigeantes. Au-delà, le mode Online s’appuie sur un logiciel centralisé et des modules radio installés dans le faux-plafond par exemple. »

Le Mode Online

Alain Louap, président de Salto : « Notre offre inclut désormais un logiciel d’hypervision et franchit un cap supplémentaire. »

Intérêt du mode Online : l’instantanéité (ou temps réel) et l’administration centralisée de tous les équipements à partir d’un logiciel unique. Selon la situation et le niveau de sécurité exigé, celui-ci est hébergé sur un serveur local ou dans le cloud. « Le tertiaire (sièges sociaux, administration, éducation…) refuse en général les solutions qui communiquent vers l’extérieur, indique Alain Louap. En revanche, les chaînes de magasin optent plus volontiers pour une plateforme cloud, car il n’est plus nécessaire de dupliquer les logiciels dans chaque magasin. Cette approche convient aussi au résidentiel, aux petites entreprises, aux services à la Airbnb… Regus a, par exemple, choisi Salto pour la location de ses espaces de coworking. Les droits d’accès peuvent être envoyés à tout moment et vers n’importe quelle destination, en particulier vers le smartphone d’une personne qui voyage beaucoup. »

Le cloud est aussi au centre de l’offre Tapkey de Dény Security, issue d’un partenariat avec un éditeur logiciel autrichien du même nom. « Tapkey s’adresse à des petits marchés (entreprises, petites résidences hôtelières…) qui ne comportent que quelques cylindres, béquilles ou cadenas, confie Franck Chevalier. Grâce à l’application mobile, le smartphone devient un identifiant et aussi un encodeur, qui sert à programmer le badge via NFC. » Le smartphone n’est pas pour autant appelé à devenir le sésame numéro 1 et à ouvrir toutes les portes. « Dans le tertiaire, la demande n’est pas si énorme, confirme Mélanie Dubus. Tous les employés n’expriment pas le besoin d’utiliser leur smartphone pour ce type d’usage. » Mais sa polyvalence et sa mobilité sont des qualités que tous les fabricants souhaitent mettre à profit pour améliorer l’expérience-utilisateur.

Témoin, le système Protec2 Cliq d’Abloy, dont le cylindre mécanique (sans pile et sans maintenance, donc idéal pour les sites isolés dans les industries du transport, de l’énergie, etc) est manœuvré par une clé électronique qui détient les droits d’accès. Le logiciel d’administration en mode SaaS (software as a service) pilote des boîtiers de programmation muraux ou mobiles, mais il existe en supplément des clés Bluetooth qui peuvent être mises à jour au travers du smartphone. « Avec notre dernière version Cliq Connect Online, un mainteneur qui part en tournée peut réceptionner via son smartphone ses droits d’accès et la durée de validité de la clé en sa possession, poursuit Mélanie Dubus. Il s’agit de véritable contrôle d’accès en temps réel que nous préconisons sur les sites les plus sensibles. »

Rédacteur : Frédéric Monflier

 

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